Die Heimat : le Bastion social ne récupérera pas la culture régionale

Mise en garde contre la supercherie (encore une) du Bastion Social : cette fois-ci, les fascistes s’en prennent à la culture régionale !

« Die Heimat », c’est la page facebook fraîchement créée du Bastion Social Strasbourg. Résumons ce qu’est ce groupe sinistre, issu de l’ancien GUD : agressions homophobes à la Marche de Fierté de 2013, tags xénophobes et homophobes sur les locaux de plusieurs associations strasbourgeoises, attaque armée d’une manifestation anticapitaliste en 2017, agression raciste à 20 vs 1 dès le premier soir de l’existence de son local L’Arcadia, violence envers un couple de jeunes et un conducteur de tram, agression à 15 vs 6 de lycéens et étudiants sur le campus central, invitations du terroriste italien Gabriele Adinolfi et du négationniste Bruno Gollnisch, soirées de soutien aux néo-nazis grecs, serbes et espagnols, etc. La liste est bien longue pour un bar qui n’a même pas un an d’existence. Après s’être bien efforcé de montrer que les fascistes n’ont point changé, malgré le nouveau nom et le rajout d’un pseudo vernis « social », après avoir montré la volonté de récupération identitaire de la misère sociale, après avoir montré que L’Arcadia n’est rien d’autre qu’un QG pour l’organisation de violences de tout genre… le Bastion Social tente maintenant de récupérer la culture régionale.

Die Heimat (littéralement « Maison / Patrie ») se veut une association culturelle qui « servira à l’organisation de divers événements dans une optique de renouement avec les traditions et l’histoire plurimillénaire de l’Alsace ». Mais rendre hommage aux traditions et à l’histoire alsacienne ne passent ni par le racisme ni par le fascisme. Pourtant, c’est exactement ce que comptent faire ces individus : nier l’histoire pour la refaire à leur sauce, la remodeler pour défendre leurs idéaux d’Europe de culture blanche, catholique et bourgeoise.

Avec quelle histoire d’Alsace veulent renouer les fascistes ? L’histoire n’est qu’une histoire de lutte des classes : l’histoire et les traditions de la bourgeoisie alsacienne ne sont pas les mêmes que celles des classes ouvrière et paysanne. Les fascistes, chiens de garde historiques de la bourgeoisie, n’auront aucun mal à renouer avec des siècles d’oppression, d’exploitation capitaliste et impérialiste, à renouer avec une histoire régionale où la bourgeoisie et les notables locaux n’ont eu aucun mal à retourner leur veste pour engraisser leurs profits sous n’importe quelle domination, française comme allemande. Le Bastion Social n’aura aucun mal à renouer avec la tradition sanglante du nazisme et du collaborationnisme en Alsace. Son spectre est encore présent dans notre région : le rattachement forcé au IIIème Reich, les incorporés de force pour servir dans la Wehrmacht, les SS et la Jeunesse Hitlérienne, l’envoi sur le front russe du fleur de la jeunesse alsacienne à se faire massacrer, la répression des universitaires juifs organisée par la Reichsuniversität hitlérienne à Strasbourg jusqu’à la rafle de Clermont-Ferrand contre les derniers universitaires strasbourgeois dissidents, l’installation du camp de concentration de Natzweiler-Struthof, les « expériences médicales » sur des prisonniers juifs et la collection de crânes humains réalisées aux Hôpitaux de Strasbourg par August Hirt et son entourage de l’Ahnenerbe… Autant de traumatismes qui demeurent et resteront à tout jamais indélébiles dans la mémoire de nos anciens. Le Bastion Social entend salir et pervertir cette mémoire, réhabiliter les années sombres de l’Alsace hitlérienne et collaborationniste.

Ce que le Bastion social ne pourra jamais faire, c’est renouer avec l’histoire révolutionnaire du prolétariat alsacien, un prolétariat internationaliste par essence puisqu’il est le résultat de plusieurs siècles de migrations (et ce avant même que la région porte son nom actuel) et de dominations étrangères dévastatrices. Rappelons les grèves et les émeutes grandioses qui ont parsemé le conflit de classe pluriséculaire du prolétariat alsacien, de la guerre des paysans de 1524-1526 aux jacqueries et au sac de l’Hôtel de ville de Strasbourg de l’été 1789, des émeutes des années 1840 autour de Dornach, Haguenau et Marmoutier aux grèves dans le Haut-Rhin contre la guerre de 1870. Rappelons que l’« affaire de Saverne » en 1913 fut une émeute prolétaire contre l’occupation et le mépris du militarisme allemand. Rappelons l’insurrection d’ouvriers et militaires de novembre 1918 constituant le Soviet de Strasbourg, une expérience de démocratie prolétaire dans laquelle la revendication de la liberté de l’Alsace se fit tant dans le refus de l’Empire allemand que de l’ultra-jacobinisme de l’Etat français. Rappelons l’embrasement de la région lors des grèves de mai-juin 1936 : les débrayages dans le textile, la mécanique et le bâtiment mulhousiens d’abord, puis l’occupation des mines de potasse de Wittelsheim, la grève dans la manufacture Kiener à Colmar, les occupations d’usines dans l’agglomération strasbourgeoise (Olida, Magmod, Lana) et dans la vallée de la Bruche (Bugatti). Rappelons la résistance antifasciste acharnée que le prolétariat alsacien a conduite victorieusement contre l’occupation nazie : les actes héroïques et le travail d’organisation et de direction de la lutte armée par les communistes et syndicalistes Charles Lutz, Marcel Rosenblatt, Georges Wodli. Rappelons la résistance que les minorités opprimées ont su opposer à l’obscurantisme nazi, notamment celle des universitaires juifs strasbourgeois repliés à Clermont-Ferrand et qui a valu à l’université de Strasbourg d’être médaillée de la Résistance. Notre classe a su donner sa vie dans la lutte finale contre la bourgeoisie et ses chiens de garde : cette histoire nous appartient, cette histoire est justement ce qui diffère le plus avec les siècles de domination capitaliste et impérialiste, française comme allemande. C’est une histoire de luttes qui ne s’intéressent pas au couleur de peau, à l’orientation sexuelle, à la religion, mais exclusivement à la classe adverse. Hier comme aujourd’hui, il n’y a que deux camps : les histoires des deux camps sont irréconciliables.

C’est par ce type de mémoires, d’une région meurtrie mais résistante, que Strasbourg et plus globalement l’Alsace rayonneront ensemble comme une terre d’accueil généreuse, ouverte et tolérante.

Alors, comment faire rayonner notre histoire et notre tradition aujourd’hui ? Visiblement, le Bastion Social devra se contenter de quelques soirées tartes flambées / choucroute, de quelques balades dans la nature, accompagnées de quelques conférences visant à réhabiliter les nazillons locaux. Contre ce pauvre fascisme de l’identité gastronomique et du négationnisme, pour nous il s’agit de faire vivre la mémoire de notre région en continuant le combat de nos anciens : par une résistance antifasciste inlassable, par la lutte des classes et l’internationalisme. De plus, la défense de l’histoire et de la tradition alsacienne passe également par s’opposer à la casse des services publics et notamment aux réductions des budgets pour la culture, qui mettent en péril tant de musées, de sites historiques, de médiathèques, donc notre culture régionale. Cela passe encore par s’opposer à la casse du transport public régional, notamment ferroviaire, afin que tout le monde soit libre de se déplacer en Alsace, pour que les beautés de notre terre soient accessibles à tous. Aussi, cela passe par la défense du droit local, en particulier du régime local d’assurance maladie, et, dans une perspective internationaliste, par l’extension des avantages de ce régime au reste du territoire français. Enfin, faire vivre le patrimoine naturel régional passe par s’opposer à sa destruction par les politiques d’ultra-urbanisation, à l’image du GCO. Il s’agit là de multiples terrains de bataille dans lesquels on n’a certainement jamais vu les fascistes.

Notons encore qu’on ne peut pas être à la fois ultra-nationalistes et régionalistes, centralistes et autonomistes : encore une fois, cela relève du pur opportunisme et démontre bien dans quelle optique récupératrice les fascistes entendent s’approprier de la culture régionale. L’opération sournoise du Bastion Social est ainsi facile à démasquer. Il est clair qu’aucune perspective d’émancipation réelle pour le prolétariat alsacien ne viendra des fascistes. Comme le décryptaient déjà en 2010 nos camarades de l’Action Antifasciste Bordeaux : « Les fascistes ont toujours procédé par étapes: ils commencent avec une image soft de gentils défenseurs du patrimoine culinaire (« anti mac do », « pour une nourriture saine »…), font un coup de pub en disant aider un « artisan ruiné par la crise », organisent des « services pour les mamans », des braderies de solidarité pour les blancs puis passe au sport, une fois que le groupe se sent suffisamment fort, après avoir répété des arguments anti-musulmans qu’il partage avec la petite bourgeoisie colonialiste, raciste et laïciste, il passe à l’attaque et finit par montrer son vrai visage génocidaire ».

 

OUI à l’Histoire Alsacienne, mais NON à son détournement pour satisfaire quelques fascistes sans scrupule.

Contre l’Alsace du recul identitaire et de l’obscurantisme, pour une Alsace de résistance, de lutte des classes et d’internationalisme.

Hier comme aujourd’hui, l’Alsace et Strasbourg sont antifascistes !

Alsacien, tes ennemis principaux sont dans ta propre région ! C’est la bourgeoise et ses chiens fascistes !

BAF – Brigade Antifasciste de Strasbourg

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